BULLETIN INFO PÊCHE 48 : Le rapport sur les conditions du moment et les petits conseils du mois …
Canicules, rivières et lacs en surchauffe !!!
Amis pêcheurs, comment ne pas être marqué par la situation actuelle qui touche les cours d’eau de notre département ? Le mois de Juin, sec et chaud, et même très chaud, a opéré un changement des conditions de pêche, rapide et précoce, nous forçant à nous questionner pour la suite de la saison estivale, avec les plus grandes inquiétudes parmi les moniteurs-guide de pêche concernant leur activité mais aussi et surtout l’avenir de nos milieux aquatiques et des espèces qui y vivent.
En ce début du mois de Juillet, les prévisions météo annoncent encore et toujours plus de chaleur, sans aucune pluie suffisante pour enrayer le cycle de sècheresse. Des chaleurs comme on en voit rarement dans nos montagnes. Les rivières et les lacs chauffent de jour en jour et ce genre de prévisions n’augurent rien de bon pour les semaines à venir sur des cours d’eau aux débits déjà très faibles.
Avis aux adeptes de la danse de la pluie, c’est le moment de tenter quelques choses !

Côté rivières :
Les orages de fin Juin n’auront pas suffi à améliorer durablement la situation, les sols trop secs n’ayant pas pu absorber grand-chose.
Les températures de l’eau relevées en rivières ces derniers jours sont inquiétantes avec 20°C minimum et des pics à plus de 23°C sur certains secteurs comme le Lot aval, les gorges du Tarn, le Bès … Quelques zones de montagne restent un peu plus fraîches (16-17°C le matin et 19-20°C l’après-midi) mais avec des débits très faibles et en baisse constante. Enfin oui, il y a toujours de rares endroits où grâce à une rivière de résurgence, un ruisseau forestier en montagne ou un parcours sous barrage, l’eau reste fraîche en été mais ces lieux ne représentent que des exceptions sur des linéaires très courts qui ne peuvent à eux seuls recevoir toute la pression de pêche et doivent être protégés en tant que derniers refuges thermiques pour les salmonidés.
Pêcher ou ne pas pêcher ???
Une question d’éthique et de responsabilité personnelle du pêcheur
Le taux d’oxygène dissous est fonction de la température de l’eau

Cette situation provoque un stress thermique fort chez la truite fario. Les températures élevées engendrent un manque d’oxygène dans l’eau et concentrent les poissons en tête de courant ou dans les fosses avec une activité très réduite tôt le matin ou tard le soir.
Il est désormais temps de laisser la pêche de la truite de côté sur bon nombre de secteurs et de s’orienter vers d’autre poissons, moins impactés par les conditions, comme les chevennes, les barbeaux, les goujons…Autre option, c’est la pleine période de la pêche aux écrevisses signal (espèce américaine à réguler) et si vous n’avez pas le matériel ou ne savez pas comment vous y prendre, venez découvrir cette pêche ludique lors de nos animations estivales.
Mais si la situation perdure il nous faudra très bientôt envisager de ranger tout simplement les cannes pour la fin de saison en rivières de 1ère catégorie piscicole. Pour le moment, même pour ces poissons plus résistants, n’oublions pas les bonnes pratiques à adopter dans ces conditions extrêmes. Privilégier la pêche aux heures les plus fraîches tout en manipulant au minimum ses prises, voir même en évitant de les sortir de l’eau si vous faites du « no-kill ». Quelques orages nous feraient le plus grand bien, mais il en faudrait un paquet pour revenir à une situation plus respirable et durable dans le temps. En attendant des jours meilleurs, il nous reste quelques beaux souvenir de ce printemps, avec l’espoir de revoir ces truites la saison prochaine …

Truites cévenoles 
capturées en juin 2026
Côté lacs :
La température de l’eau n’y est pas épargnée non plus. Heureusement, ils étaient plein à la fin du printemps et les stocks accumulés permettent d’envisager la baisse estivale, en attendant le prochain remplissage par les pluies de l’automne / hiver.
Le Grand Lac de Naussac a actuellement un taux de remplissage autours de 90% (lâcher à 7m/s) et une eau de surface à 23°C. Les sandres sont peu actifs à l’exception de certains jours de basse pression. Les perches réagissent très bien aux leurres de surface (même depuis le bord) et offrent une pêche amusante. De belles pêches au coup et au feeder ont été réalisées lors d’animations pour les enfants avec à la clé de grosses brèmes et de nombreux gardons ou rotengles.
Le parcours « no-kill » carnassiers du lac de Charpal, certes situé à plus haute altitude (1 350 m) mais moins profond, a franchi la barre des 23.5 à 25°C. Le Brochet étant très vulnérable au-delà de 23°C, il est préférable de les pêcher uniquement tôt le matin, à la fraîche et d’éviter de les manipuler hors de l’épuisette avant une remise à l’eau rapide. En journée et le soir, il est conseillé de s’orienter vers d’autres poissons comme la perche dont la population est abondante et plus résistante.
Le lac de Villefort, qui après avoir été assez bas pendant un moment, a été rempli ces dernières semaines grâce à des transferts d’eau fraîche venus de Puylaurent, via le Rachas, en vue de la saison touristique. Avec la chaleur, peu d’espoir de trouver une truite lacustre en activité, sauf peut-être au lever du soleil. Par contre, les perches y sont actives et si vous voulez passer un bon moment sur l’eau, des barques sont en location auprès de la maison de la pêche (barques réservées à la pêche). Les pêches au coup et au feeder donnent également de bons résultats lors des animations.
Les petits lacs de l’Aubrac ainsi que les retenues de Ganivet et du Moulinet chauffent de manière largement excédentaire (25 – 26°C en bordure). Les lâchers habituels de truites arc-en-ciel ont été suspendus sur ces plans d’eau en raison du trop grand risque de mortalité immédiate. Pour les amateurs de truites arc-en-ciel, les étangs de pêche de Barrandon, de Bonnecombe et de St Léger du Malzieu, empoissonnés avant les fortes chaleurs, sont ouverts tous les jours au public de 9h à 18h … Mais là encore, si les gestionnaires espèrent maintenir l’activité durant tout l’été, des incertitudes persistes.

Amis pêcheurs, Sentinelles des rivières,
Cet été, restons mobilisés pour la surveillance et la sauvegarde de notre patrimoine naturel
Pour conclure ce bulletin peu joyeux, essayons d’être un peu positif. Même si la situation est inquiétante sur les cours d’eau, le département regorge de beaux paysages qui vous permettront d’y passer d’agréables moments d’évasion en pleine nature. Et si la pêche n’est pas au rendez-vous espéré, de nombreuses autres activités sont possibles pour toute la famille.
Bonnes vacances en Lozère
Pour la Compagnie des Guides de Pêche de Lozère,
Rémi VERNIER – peche-mont-lozere.com
Bulletin édité dans le cadre de la Filière Tourisme Pêche Lozère





