BULLETIN INFO PÊCHE 48 : Le rapport sur les conditions du moment et les petits conseils du mois …
En Juin, tout est possible !
Narcisse tardif, orchis sureau, orchis pyramidal, orchis tacheté et bientôt l’arnica montana illuminent les berges verdoyantes. Les anémones pulsatiles, en toute fin de floraison, offrent maintenant au regard leurs fructifications plumeuses. Quant aux genêts, ils explosent partout. Lorsqu’un rayon de lumière perce les nuages, c’est le retour de l’idylle.
Vous pensiez à d’autres fleurs ? De celles qui virevoltent au-dessus des eaux ?
Après les March Browns (Rhithrogena germanica) encore présentes sur certains secteurs, les Faux-March Browns (Ecdyo sp.) et les Epeorus continuent d’animer épisodiquement les eaux. Désormais les émergences de mouches de mai (Ephemera danica) sont massives sur certains secteurs – notamment la Margeride – et offrent le tableau de gobages euphoriques. Les mouches volumineuses offrent donc encore de bons résultats !
De petits (et moyens) éphémères de printemps oscillent également dans les airs rivulaires : les « olives ». Ils regroupent plusieurs espèces de Baetidae, y compris Baetis rhodani (Grand Olive foncé). Leurs colorations sont extrêmement variables, du brun-jaune au vert olive foncé à l’état de subimago, ils tendent vers des couleurs plus foncées (brun-olive, brun-jaune, brun-rouge) à l’état d’insecte parfait, avec des ailes gris terne.
Les sedges ne sont pas en reste : petits trichoptères noir, beige, roux tournoient comme des insectes fous. Les plécoptères complètent le tableau : Petite perle jaune et grande perle sont de la partie. La liste pourrait continuer car guides et pêcheurs sont unanimes : nous avons, ces dernières semaines, assisté à un florilège d’émergences, tant en diversité qu’en quantité !
En début de saison, nous l’avions dit, le lit de nombreuses rivières était maculé, sinon recouvert de diatomées glissantes. Les dernières pluies de mai ont bien nettoyé les fonds. Les rivières rayonnent !
Et les truites ? Rassurons-nous, elles sont toujours là, bien présentes dans les courants et dodues à souhait, preuve que l’alimentation ne manque pas. Mais l’activité demeure très instable, changeante, variable à l’image du temps. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Il semble qu’une saison entière soit comprimée dans une semaine. En effet, si l’activité s’était accentuée au mois d’avril, le mois de mai, qui apparaissait prometteur, nous a obligé à composer avec des refroidissements soudains et brutaux et le calage inhérent des poissons. Le baromètre n’a cessé de douter. Enfin, la séquence caniculaire de la fin du mois a fait sortir les socks de wadding pour certains, cantonné les pics d’activités aux heures les moins chaudes et les zones favorables aux secteurs ombragés. Le rafraîchissement et les quelques gouttes tombées ces derniers jours devraient encore changer la donne.

Quid des niveaux ?
C’est évidemment la question que tout le monde se pose à l’approche de l’été.
À l’échelle nationale, le printemps 2026 est le plus chaud jamais enregistré et avril a connu un déficit pluviométrique proche de 70 %. Les pluies de début mai ont temporairement amélioré la situation sur notre territoire. La situation reste encore globalement favorable en Lozère. Les réserves accumulées durant l’hiver permettent aux cours d’eau de conserver des niveaux satisfaisants sur la plupart des secteurs. Nous restons loin de la situation observée en 2022 à la même période, même si la tendance à la baisse est désormais bien engagée.
Ce qui ressort surtout cette année, c’est le contraste entre les différents bassins. Les rivières cévenoles ont plutôt bien résisté grâce aux épisodes pluvieux du printemps, tandis que plusieurs cours d’eau de Margeride et d’Aubrac affichent déjà des débits et des températures évoquant le début de l’été[1].
La vidange des nappes est bien engagée puisque près de 80 % des nappes sont désormais orientées à la baisse. Le BRGM souligne que certaines nappes du Massif central présentent déjà des niveaux modérément bas, ce qui correspond à ce que l’on observe sur plusieurs secteurs de Margeride et d’Aubrac.
Les températures de l’eau demeurent encore très acceptables sur la plupart des secteurs même si environ la moitié des stations présentent des relevés d’un degré supérieur à la normale sur les 30 derniers jours[2]. Mais souvenons-nous de l’an dernier : il n’avait fallu qu’une quinzaine de jours de chaleur pour voir les débits chuter et les températures grimper brutalement.
Aussi,
comme en 2025, les rivières demeurent encore très praticables en cette fin de
printemps, avec des eaux relativement fraîches et une activité insecte
soutenue. La suite de la saison dépendra fortement des températures et des précipitations
du mois de juin.
[1] https://info-secheresse.fr/cours-d-eau/france/48
[2] https://info-secheresse.fr/temperatures-30-derniers-jours/france/48

Bien choisir ses secteurs de pêche
Nous l’avons évoqué, les rivières issues des Cévennes et du Mont-Lozère présentent des niveaux et températures favorables aux émergences et à l’activité des salmonidés. « Un pic de 16°C a cependant été relevé sur le Lot à Sainte Hélène et à Barjac, ce qui semble élevé pour une fin mai ». Toutes les techniques donnent des résultats sur le haut Tarn, même si la pêche en sèche reste la plus efficace.

Les rivières de l’Aubrac et de la Margeride, précoces cette année au regard des niveaux, permettent de profiter d’une activité marquée, en journée comme en soirée. Néanmoins, les eaux claires demandent une plus grande discrétion au niveau des mouches et des posés.
Les secteurs les plus accessibles du moyen Lot et du Lot aval, ainsi que de la Truyère ont connu une pression de pêche importante durant les nombreux week-ends fériés du mois de mai, ce qui a pu avoir une incidence sur le nombre de prises. Les gorges du Tarn commencent à accueillir baigneurs et canoéistes ; ce sont les dernières semaines pour profiter de ces eaux jade avant l’euphorie estivale ; les coups du soir y sont agréables !

Pêche à la mouche
Il faut s’adapter. Pêcher plus discret, mesurer ses approches. Allonger les pointes en sèche. Bien faire coller son imitation aux tailles et teintes des émergences. En nymphe, pêcher plus léger – on commence à sortir les boites de 2,5 mm et à réaliser des dérives plus souples, moins tendues. La classique pheasant tail reste indémodable, des modèles à tonalités grise et verte donnent également de bons résultats. On pourra également recourir à des modèles plus texturés et vibrants – l’heure n’est plus à racler le fond, on peut passer un peu plus haut dans la colonne d’eau.
Pêche au Toc
Au toc, les conditions actuelles invitent également à davantage de finesse. Avec des débits relativement modérés et des eaux déjà bien éclaircies sur plusieurs secteurs, on favorisera des plombées étalées et légères, capables d’accompagner naturellement les dérives sans accrocher excessivement le fond. L’eschage de macro invertébrés aquatiques — larves d’éphémères, plécoptères, gammares, porte-bois — sera beaucoup plus pertinent que le classique ver de terre.
Pêche aux Leurres
Aux leurres, la tendance ira également vers des modèles plus discrets et moins plongeants : petits poissons nageurs peu bavants, cuillères légères ou petits souples permettant de prospecter les veines d’eau intermédiaires.

Pour rappel, dans toutes les rivières de Lozère, les hameçons avec ardillon sont interdits.
Pêche en lac des carnassiers
Les Lacs jurassiques de l’Aubrac (Saliens, Andéol et Born) se sont, à l’instar des rivières du secteur, montrés très précoces. La hausse des températures devrait préciser encore davantage l’activité, y compris sur le lac du Moulinet.

Sur Charpal, les brochets restent en bordure et sous le cover. « Ils se montrent très tatillons ; ils suivent, offrent des touches courtes. Les rotengles sont déjà en pleine reproduction et batifolent dans les herbiers. Il faudra donc guetter les moindres pics d’activités, chercher les bordures et utiliser montages texan et shallow rig afin de proposer les meilleures présentations possibles à ces poissons éduqués et méfiants. La vigilance doit rester de mise concernant le piétinement des frayères ».
Le lac de Charpal est ouvert depuis le 23 mai 2025, dans ses conditions habituelles : no-kill intégral, leurres et mouches uniquement, hameçons sans ardillon obligatoires.

Naussac montrait un taux de remplissage excellent (97 % à la fin du mois de mai) cependant les lâchers d’eau sur l’Allier ont déjà débuté…
Les températures déjà élevées des bordures incitent les carnassiers à migrer vers les zones plus profondes. « Malgré une apparente nouvelle génération de brochets, les grands poissons restent très peu nombreux, méfiants. Ils ont subi une pression de pêche élevée, notamment depuis le bord à l’aide de swimbait. »
L’ouverture du Sandre a lieu ce samedi 6 juin. La reproduction arrive en effet à terme. De nombreux poissons ont déjà quitté les zones de fraie pour rejoindre des secteurs plus profonds. Au sondeur, les premiers regroupements en pleine eau deviennent visibles. Les poissons reprennent progressivement leur rythme alimentaire en suivant les bancs de fourrage. Une configuration qui devrait bientôt favoriser les pêches de prospection sur les cassures et les zones profondes.
En juin, tout est possible !
S’il est une période à ne pas manquer pour la pêche en Lozère, c’est bien celle-ci. Les berges sont encore rieuses et colorées, les mouches abondantes et les salmonidés particulièrement actifs. Les grands carnassiers entrent aussi dans une période d’activité plus régulière.
Profitons-en. Dans quelques semaines, les foins seront achevés d’être coupés, les eaux plus basses, les journées brulantes. Juin ne dure jamais.
Pour la Compagnie des Guides de Pêche de Lozère,
Matthieu MERCIER – www.matthieumercier-pechemouche.fr
Bulletin édité dans le cadre de la Filière Tourisme Pêche Lozère

www.lozere-tourisme.com 
www.lozerepeche.com 
www.guides-de-peche.fr 








